Je vous présente Luis Chou-Fleur (pour la VQ)
Carnets
Pour une manière plus légère d'aborder le cinéma et la télévision,
je proposerais un petit carnet hebdomadaire avec des impressions, des
idées.
N'hésitez pas à intervenir dans les commentaires.
Bien sûr, je n'arrêterais pas de développer mes avis par ailleurs.
mercredi, juillet 16 2008
Carnets d’un télécinéphilophage - Numéro 3
Par Greg LAUERT le mercredi, juillet 16 2008, 22:34
mercredi, novembre 21 2007
Carnets d’un télécinéphilophage - semaine 2
Par Greg LAUERT le mercredi, novembre 21 2007, 22:17

Il y a des films de jour, et des films de nuit.
Je m’interdis certaines oeuvres avant le coucher du soleil. Si je me lance volontiers dans la filmographie de John Ford en plein après midi, je garde plutôt The Descent pour le milieu de la nuit. Le voir à la lumière du jour lui ferait perdre son éclat.
L’autre nuit, vers 1 heure, je me suis plongé dans le Rocky Horror Picture Show. La notion de culte se préoccupe souvent bien peu de la qualité des oeuvres. Ce film en est peut être la meilleure preuve. C’est laid, grotesque, imbuvable. Quelques morceaux restent très séduisants, et pour meilleur argument, il y a Tim Mercury, pardon, Curry. Il est fabuleux, ambigu, glauque, brillant. Ca suffirait presque à sauver la séance. Si toutefois l’on est en bonne compagnie. Le Rocky est le film social par excellence. A ne jamais voir seul.
Antithèse absolu de la légèreté du Rocky, le dernier Woody Allen est une oeuvre brillante, un modèle d’épure absolument étouffant.
Le film se vit avec une empathie totale. Allen, plus Bergmanien que Bergman lui même, propose une oeuvre très pieuse, faussement morale, sur le poids de la culpabilité. J’en suis sorti avec l’estomac au bord des lèvres, entre joie et souffrance, comme on s’extirpe d’un chef d’oeuvre.
Disons le tout haut, Le rêve de Cassandre n’est toutefois pas Match Point.
Epuré à outrance, il manque un peu de volume, il pourra être jugé petit bras. Le temps fera son oeuvre et nous permettra de le juger à l’ausne des grands drames Allenien. Et là, je le vois déjà un peu en deça de Crimes et délits, mais bien au dessus d’Alice, September et Intérieurs.
L’expérience de la semaine, c’est L’ennemi intime.
J’y allais à reculons, par peur du devoir de mémoire.
Mais non, le film de Florent Emilio Siri est assez brillant, maitrisé, fort. Il évite l’écueil du manichéisme, et prend soin de brouiller perpétuellement les pistes. On saisit assez bien le tiraillement des soldats.
Pour autant, le film n’est pas didactique. C’est appréciable de voir un cinéaste français s’attaquer à un grand sujet sans vouloir nous imposer sa leçon de vie.
L’ennemi intime n’est pas Indigènes.
On ne vous dira pas d’aller le voir parce que c’est important. Et c’est tant mieux. Le cinéma n’est pas important. Faudrait le comprendre un jour. Le cinéma n’est pas là pour remplacer votre prof d’histoire, ou la leçon de morale de mémé Jacqueline. Le cinéma ne devrait jamais se forcer à être un guide ou un témoin.
Les films devraient se contenter d’être bons, et beaux.
Parce qu’on apprend plus du blé qui bouge au gré du vent chez Malick que des discours suintants de démagogie de Paul Haggis.
J’y pense, en sortant de L’ennemi intime, un vieux chialait derrière moi.
Vous croyez qu’on va transformer son cinéma en building supermarché ?
Ce que je peux en écrire des conneries, tout de même.
mercredi, novembre 7 2007
Carnets d’un télécinéphilophage - semaine 1
Par Greg LAUERT le mercredi, novembre 7 2007, 22:42

Et voilà novembre. Les premiers frimas de l’hiver. Ou les suivants de l’automne, c’est selon. On va pouvoir rester chez soi sans scrupule, à mouler dans son canapé, à s’enfiler du DVD.
On a pas attendu les premiers flocons pour s’y mettre, vous me direz, et finalement, les hautes températures étaient une excuse tout aussi bonne pour squatter les salles de cinéma.
Bref.
Finir une saison des Soprano me rend toujours quelque peu dépressif. L’état de manque à venir, peut être. Le révélateur d’une certaine nature, sans doute. Dans cette quatrième saison, Tony est plus humain que jamais. Il a des déboires conjugaux, le pauvre bougre. Et parallèlement, il est plus ambigu et dangereux qu’il ne l’a jamais été. On achève bien les hommes est un épisode mémorable en ce sens.
Trop souvent, on perd de vue la nature du personnage joué par James Gandolfini. Sa bonhommie, sa chaleur, ses angoisses sont trompeuses.
Le père Soprano est un monstre. Quelque part, j’en suis un pour l’aimer autant.
Pour moins gamberger, pour un peu plus de légèreté, je me prescris la quatrième saison de The Office, version Carell.
L’ouverture, les deux première minutes m’ont laissé sur le flanc, giflé par le génie comique des auteurs. Après cinq épisodes, je crains un peu la redite, mais le season premiere est simplement ultime. Une bombe comique qui met à nu le très infantile Michael Scott.
Moi même, je suis un grand gosse, avide de replonger dans mes souvenirs. Du coup, je regarde Gremlins, de Joe Dante, pierre angulaire du cinéma de mon enfance.
Et je découvre à quel point le premier quart d’heure est une mine de références. Le film écrit par Columbus et produit par Spielberg évoque un pan entier du cinéma familial hollywoodien, de Mary Poppins à La vie est belle, en passant par Le magicien d’Oz.
Des films aussi accessibles aux enfants et aux adultes, on en fait plus. Foi de vieux con.
Pour me contredire, il y a Stardust de Matthew Vaughn. Le film surfe sur la vague fantasy avec une certaine intelligence, et un évident recul. De Niro est mémorable en pirate queer. Le nom de son personnage (Captain Shakespeare/ Captain shake spear) est un double sens révélant quelque part la densité du film, et le plaisir que pourront y éprouver les spectateurs adultes.
Dense, c’est un terme qui conviendrait également plutôt bien au Deuxième souffle de Corneau.
Dans un sens élogieux d’abord, pour la richesse du récit, des personnages. On ne remerciera jamais assez José Giovanni pour son apport au polar français. Et dans un sens nettement moins élogieux pour son côté « meringue », chargé, ultra esthétisant, limite racoleur d’un strict point de vue formel.
Enfin, l’automne est propice aux monuments du cinéma. Il y avait David Lean et ses parpaings de 3 heures pour après midi pluvieuse, il y a maintenant Peter Jackson et ses versions longues.
L’occasion de redonner une chance à King Kong.
La version néo zélandaise du gros singe à New York est une indéniable réussite, du moins sitôt que l’on quitte New York.
Avis à M. Jackson, je suis tout à fait preneur d’une version courte qui ne se déroulerait que sur Skull Island.
Quitte à écourter mes après midi DVD.