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Le blog de Greg LAUERT

Gus Van Sant

mes critiques des oeuvres de ce cinéaste

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vendredi, octobre 21 2005

Gerry

Gus Van Sant

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jeudi, septembre 15 2005

Elephant - Gus Van Sant

Elephant peut être considéré comme le premier élément du renouveau cinématographique de Gus Vant Sant.

Il a toutefois été réalisé après Gerry. Ils s'incrivent dans une même démarche, narration d'un drame humain inspiré de faits réels, mais s'avèrent totalement antagonistes dans leur mise en scène. Gerry correspond à une déspacialisation de l'action, un tableau sans cadre dans lequel se perdent les personnages.

Elephant est au contraire un drame spacialisé, à grands coups de plans séquences. On y suit pendant la première heure le parcours d'étudiants, évoluants dans un lieu clos, parcours s'achevant irrémédiablement sur le lieu de leur future exécution. Le parcours semble ininterrompu du fait de l'utilisation brillante de la steadycam, au fil de ces longs travellings, comme une définition d'un espace clos, d'un champ de bataille à venir. Beethoven, dans ses mouvements les plus connus (Lettre à Elise, Sonate au clair de lune) accompagne cette vie foisonnante qui s'apprête à exploser. Nostalgie infinie ou stigmatisation du drame, l'utilisation de ces "standards" ne saurait être explicite. Les personnages sont définis par leurs mouvements, par la direction prise. Il y a donc spacialisation du lieu de la tragédie, mais également cloisonnement social et psychologique des personnages au sein de ce lieu. Car au delà de sa virtuosité technique, de cette mise en exergue du fait divers, Elephant est un phénomène social. Il développe le cloisonnement social de la vie lycéenne, et ses conséquences, au travers des personnages d'Eric et d'Alex, désociabilisés, existants de par leur rapports à l'image, déconnectés du monde "réel". Cette déconnection se traduit par cette violence vengeresse, appliquée avec une extrême froideur. Impossibilité du passage à l'âge adulte, mais surtout échec d'un modèle social, Elephant est un conte amoral sur la mort de l'enfance. L'élément le plus discutable dans la démarche de l'auteur reste cette tentative de légitimation des actes. Fascination du nazisme, addiction aux jeux vidéos, homosexualité refoulée, tous ces éléments sont accessoires. Le constat de ce comportement asocial suffisait à la compréhension des actes. De fait, en se faisant l'apôtre d'arguments approximatifs, Van Sant perd un rien de poésie dans sa démarche. Elle n'en demeure pas moins fascinante et hypnotique.