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Le blog de Greg LAUERT

Séries TV

Parce que la série connait aujourd'hui un véritable âge d'or, il était inévitable d'aborder le genre en ces lieux. Alors, voilà, au fur et à mesure de mes découvertes, de mes coups de coeur, j'en parlerais ici ....

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lundi, septembre 24 2007

Desperate Housewives - 3.07 - Bang

Crée en 2004 par Marc Cherry pour ABC, Desperate Housewives a longtemps bénéficié d’un capital mystère très appréciable.

Au départ du show, celui ci était proprement inqualifiable.

Il se situait à la croisée des chemins, entre enquête criminelle façon whodunit, comédie, et drame se jouant des recettes du soap opera.

La série a su marcher ainsi sur le fil pendant près d’une saison, alternant les rebondissements improbables et les prouesses satiriques (principalement liées au personnage de Marcia Cross).

L’équilibre était maintenu. L’intérêt également.

Et puis la redite, le manque d’inspiration, l’absence de perspectives sur le long terme ont eu raison du show.

Marc Cherry et ses co scénaristes se sont vautrés dans la fainéantise scénaristique, usant jusqu’à la corde certains ressorts, comme par exemple le potentiel comique de Teri Hatcher.

La troisième saison évoluait lascivement sur ses acquis quand le spectateur a été secoué par un épisode de grande qualité.

Bang retrace brillamment une prise d’otages dans une supérette et nous réconcilie avec les qualités premières du show.

Les séquences trop légères laissent place un instant au drame. Enfin, le produit s’avère touchant à nouveau.

Les espoirs pour la suite ne seront toutefois pas comblés. Au delà de cet épisode brillant, Desperate Housewives sombre à nouveau dans ses travers, et évolue clairement vers le soap tant moqué à l’origine.

La troisième saison s’est révélée encore plus insipide que la seconde.

On aurait pu croire que Kyle Mc Lachlan, ancienne icône des suburbs lynchiennes pourrait réanimer le moribond. En vain.

Le succès d’audience étant toutefois indiscutable, il n’est bien sûr pas à l’ordre du jour d’euthanasier le show. Il devrait balbutier péniblement ainsi jusqu’à sa 7ème saison au moins.

mardi, septembre 11 2007

The Office

En 2001, deux jeunes auteurs proposent à la BBC une œuvre qui va bouleverser à jamais l’histoire de la comédie, et redéfinir le sitcom.

Ces deux inconnus : Stephen Merchant et Ricky Gervais, vont créer un phénomène télévisuel, d’abord anglais, puis international, intitulé The Office.

Le sitcom est en soi une discipline rodée, fondée sur une culture du rire en boite, et des tournages en plateau aux décors insipides.

The Office révolutionne le genre et pose de nouveaux jalons.

On oublie les rires enregistrés, la jovialité ambiante, et le fond anecdotique.

Ricky Gervais, comédien rondouillard et acide, tient le rôle d’un petit chef de bureau, regional manager d’une firme de papier, dans une zone industrielle grisâtre au fin fond de l’Angleterre.

Son personnage, David Brent, rêve à la gloire, à la popularité, à l’amour et l’affection des siens.

Il s’agit indéniablement du personnage le plus pathétique, le plus misérable, le plus maladroit, et n’ayons pas peur des mots, le plus con jamais entrevu sur un écran.

Brent est une incarnation de la médiocrité, un cumulard du défaut.

De fait, le spectateur qui suit ses mésaventures n’est que rarement pris de fou rires. Le plus souvent, le série génère l’inconfort. Fréquemment, on baisse les yeux, et les entrailles se nouent à l’évocation des grands moments de solitude éprouvés par ce clown pitoyable.

Certains verront dans The Office une description acerbe d’un milieu professionnel, une parodie du mode de vie « 9 heures – 17 heures devant un écran sous les néons ».

On pourra aussi y voir une étude de caractère exceptionnelle, un regard sur un personnage en marge, miroir de notre propre médiocrité.

De ce strict point de vue, l’œuvre de Merchant et Gervais réussit un véritable tour de force en suscitant l’attachement du spectateur à ses personnages.

David Brent devient, au fil des épisodes, infiniment touchant.

Malgré ses tares, sa propension à l’échec et sa capacité à générer l’empathie sont fascinants.

The Office a bien plus de portée qu’un simple produit de consommation télévisuel. Il s’agit d’une œuvre intelligente et mature, sur l’orgueil, sur l’échec, sur la fascination du pouvoir et la célébrité.

La série anglaise, constituée de deux saisons de six épisodes, et d’un épisode double en guise d’épilogue, a, du fait de son succès, enfantée des ersatz.

Si Canal + a diffusé en France une adaptation médiocre avec François Berléand, jouant la carte du mimétisme scénaristique, la chaîne américaine NBC a développée une variante intéressante.

The Office version US met en scène Steve Carrel, phénomène comique contemporain, dans une version soft du David Brent anglais.

Le remake américain n’est pas dénué d’intérêt. Il reprend le concept initial, mais propose un personnage principal à la tonalité différente.

Michael Scott, regional manager américain donc, n’est pas aussi médiocre que son homologue britannique.

S’il est également un personnage en marge, il ne partage pas la bêtise absolue de David Brent, mais apparaît plutôt comme un grand enfant, enthousiaste, naïf et imperméable au jugement de ses collègues.

Conformément à l’optimisme naturel de la culture américaine, Michael Scott n’est pas en soi un personnage négatif.

Il est un bouffon drôlissime, occupant une place centrale dans la série, mais permettant toutefois le développement de personnages secondaires forts.

Quand la version anglaise se destinait à une conclusion rapide, inévitable tant le personnage interprété par Ricky Gervais vampirisait le récit, la version américaine se permet de nombreux développements.

Pour preuve, la troisième saison vient de s’achever outre atlantique, et des réalisateurs prestigieux, comme Harold Ramis ou J.J Abrahms s’y disputent la place pour mettre en scène un épisode.

Le duo à l’origine de la version originale, Ricky Gervais et Stephen Merchant, a depuis mis sur pied une autre fiction tout à fait brillante : Extras.

Ils ont ouvert une brèche dans laquelle ils s’engouffrent joyeusement, dans l’attente d’une nouvelle génération d’auteurs qui ne manqueront pas de les suivre pour perpétuer l’exploitation du sitcom moderne.

mardi, septembre 4 2007

Rescue me 409 Animal

Rescue me reste un immense plaisir coupable.

Quelque part, Tommy Gavin est l’archétype du macho. Libidineux, alcoolisé, fourbe, menteur, et incroyablement fascinant.

La saison 4, marquée par le départ polémique de Jack McGee offrait un Gavin en retrait, différent ; pussyfied, pour reprendre le titre d’un épisode.

Animal, neuvième épisode de la saison, permet de renouer avec les meilleures heures du show.

La scène d’ouverture, avec l’inconnue à l’orgasme interminable, est un grand moment de comédie. Leary renoue avec l’auto dérision, et poursuit la composition d’un des personnages les plus ambigus, et les plus fascinants du paysage télévisuel. Jusqu’à cette scène déchirante, où assis sur un toit, à grandes lampées de vodka, il évoque le fils disparu. Gavin s’était muré dans le silence pendant deux saisons, affrontant les flammes pour refouler la douleur.

Et on réalise alors à quel point Rescue me est une série exceptionnelle, toujours sur la corde raide, où le burlesque peut côtoyer le drame dans un équilibre parfait.

Lost, les disparus

Cela fait maintenant trois ans qu’on se pose la question. Qu’est ce que Lost ? Œuvre somme absolument géniale, ou vaste fumisterie ? Série mainstream, ou show philosophique ?

Dès les premiers épisodes, la série initiée par J.J Abrahms et Damon Lindelof s’avère être un O.F.N.I (objet filmique non identifié).

Avec sa construction bipolaire, Lost semble vouloir grappiller tous les publics. Dans les flashbacks, on flirte avec le soap, et sur l’île, dans la narration au présent, l’œuvre s’oriente nettement vers le survival, l’horreur, et le fantastique, voir même vers une adaptation adulte de Lord of the flies.

Après 75 épisodes, on ne saurait toujours pas caractériser le show.

Pare que Lost a une énorme qualité, qui s’est aussi avéré être son principal défaut : Lost est l’œuvre de tous les possibles, le Brigadoon narratif.

Demain, les auteurs peuvent décider que Lost est une série de science fiction, ou au contraire, un drame Bergmanien sur le deuil. Et le spectateur sera bien obligé de suivre.

Véritable usine à fantasme, l’œuvre télévisuelle fleuve n’a jamais affectée la pudeur.

On introduit des personnages par wagons, pour les faire disparaître massivement, et chaque épisode ne saurait clore une intrigue sans en faire naître une poignée d’autres.

La première saison aura été encensée, principalement parce qu’elle était porteuse d’immenses espoirs.

La seconde a été vilipendée, jugée trop attentiste, trop centrée sur son bunker techno métaphysique.

La troisième marque le temps de la réhabilitation.

Parce qu’enfin, Lost la mystérieuse concrétise quelques espoirs.

Le show prend le chemin du drame. Dans cet océan de solitude, les personnages n’ont plus que la manipulation pour moteur. Et même Jack Shepard, père Thérésa par excellence, se révèle être un imbécile borné.

On vous le disait, Lost n’a aucune limite, pas même celle du respect dû aux icônes.

Dans ce purgatoire sordide et sublime à la fois, même le plus insipide des personnages peut prendre une dimension épique.

John Locke, sorcier mystique, devenu pathétique, regagne miraculeusement le devant de la scène.

Et dans son season final, la série effectue une pirouette sublime, réorientant sa narration pour les trois ultimes saisons à venir.

On pensait le show moribond, croqué net par le phénomène Heroes, mais les auteurs ont démontrés qu’au delà du racolage inhérent à un projet aussi couteux, destiné à un si large public, Lost n’est pas un Big Mac culturel destiné aux nerds.

C’est un drame à la fois dense et disparate.

Ou une série fantastique.

Ou un peu de tout cela.

On en reparle en 2010.

mardi, juin 26 2007

Dexter

Dexter arrive en France précédé d’un excellente réputation, profitant de la vague sans fond de séries télévisées américaines soulevant l’enthousiasme critique.

Si le genre connaît un indéniable âge d’or, la période n’exclut pas les ratages.

Dexter, à bien y regarder, est tout du moins une réussite discutable.

Michael C. Hall interprète le héros éponyme, un homme au dessus de tous soupçons, employé à la police scientifique le jour, serial killer la nuit.

Faire d’un criminel le héros d’une fiction n’est plus en soi un geste original. C’est toutefois l’argument principal du show.

Pourtant, le synopsis gavé de promesses horrifiques se dégonfle comme une baudruche dès les premiers épisodes. Si Dexter tue, il ne vise que d’autres criminels, d’indiscutables monstres totalement irrécupérables. La caution morale du geste élude toute ambigüité. Or, l’ambigüité, dans ce type de projet, c’est le nerf de la guerre.

Le personnage de Michael C. Hall est tendre, gentil, attentionné.

Son besoin de tuer est vite assimilé à une pathologie. C’est donc un personnage en souffrance, qui en plus, maîtrise admirablement ses pulsions.

Dexter n’est finalement qu’un simple justicier drapé dans sa cape blanche.

Dans le petit monde de la série télévisé, un Jack Bauer ou un Vic Mackey apparaitront infiniment plus monstrueux et discutables moralement que ce tueur en série.

Que reste t il alors à la série pour séduire son public ?

On pourra apprécier l’aspect gentiment sociopathe de la personnalité du personnage principal.

La relation qui l’unit à une femme battue, qu’il choisit parce qu’elle ne réclame aucune intimité physique, offre quelques belles scènes.

Pour le reste, la nouvelle série Showtime marche largement sur les plates bandes de Nip/Tuck, avec son cadre floridien, son tueur fantasmagorique, son gore un peu cheap, sans jamais arriver à provoquer le même malaise suave que les aventures des Dr Troy et Mc Namara.

On aurait voulu s’appuyer sur l’intrigue policière, colonne vertébrale de la première saison, mais celle ci vire assez vite au grotesque.

Il faut dire que le matériau original se situe bien en deçà d’un Lune sanglante d’Ellroy dans le mano à mano monstre à monstre et demi.

Succès d’audience oblige, la série a été renouvelée pour une seconde saison.

On peut sans crainte se montrer sceptique quant aux possibilités de développement du concept.

mardi, juin 19 2007

The Shield

Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons.

Ou comment résumer avec une citation extraite de La règle du jeu de Jean Renoir, ce qui fait le génie d’une des plus grandes séries télévisés contemporaines : The Shield.

Crée par Shawn Ryan pour la chaîne FX (qui diffuse également Nip/Tuck ou Rescue me, information permettant de juger du degré d’ambition), The Shield compte à ce jour six saisons.

Une septième permettra de clore les débats, d’éclaircir un peu l’eau boueuse dans laquelle nous naviguons depuis le début de la série.

Dans le premier épisode, Vic Mackey, chef d’une unité de l’anti gang dans un petit commissariat de Los Angeles, dézingue un collègue qu’il soupçonne de manoeuvrer contre lui.

D’emblée, le spectateur se croit plongé dans le musée des horreurs.

Ce sera l’histoire d’une bande de pourris, traquée par de bon flics, par des inspecteurs gagnés par la moralité, par un capitaine politicien au dessus de tous soupçons.

Vite, très vite, le doute s’installe.

Vic Mackey, roi des salauds, est largement ambivalent. Il agit selon son propre code moral, il fait ce qu’il croit être bon à un moment X pour une personne Y qui agit elle même pour une raison Z.

Il fait des conneries. Et parfois, une bonne action.

Sitôt ceci entendu, on aura pu saisir ce qu’est véritablement The Shield : le dernier bastion de l’anti manichéisme.

Un show réaliste.

Pas tant de par les historiettes dévoilées que par le mode de fonctionnement de ses personnages.

Il n’y a pas de bon ou de mauvais. Il y a des pourris, et des moins pourris.

Ceux qui arborent le sceau de l’innocence s’avèrent les plus lâches, les plus veules. Ils sont les premiers à réclamer Vic le terrible, borgne au royaume des aveugles.

Et ceux qui veulent le faire tomber doivent naviguer dans la fange avec lui, comme le Lieutenant Kavanaugh, interprété avec génie par Forest Whitaker dans une cinquième saison en forme d’apothéose.

En attendant la septième saison, promise orgasmique.

Parce que The Shield finalement, au delà de la gigantesque claque télévisuelle, c’est une belle leçon de vie : on a toujours besoin d’un plus pourri que soi ....

mardi, mai 8 2007

Home coming / Vote ou crève

Joe Dante

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vendredi, février 9 2007

HOUSE M.D

Trois saisons de 22 épisodes / Crée par David Shore / Fox

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samedi, novembre 11 2006

FDNY : Rescue me

Denis Leary / Peter Tolan / FX 3 saisons

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