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  <title>Le blog de Greg LAUERT - Cinéastes</title>
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  <description>Le blog de Greg LAUERT</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 06 Jan 2009 21:54:52 +0100</pubDate>
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    <title>M. Night SHYAMALAN</title>
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    <pubDate>Mon, 20 Mar 2006 16:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Greg LAUERT</dc:creator>
        <category>Cinéastes</category>
            
    <description>&lt;p&gt;M. Night Shyamalan est un cinéaste qui me tient à cœur, un mélange
d’Hitchcock, pour sa maitrise du découpage technique, de la subtile
montée de l’angoisse (comparaison étayée par son Signs, révision des
oiseaux du grand Alfred) et de Steven Spielberg, pour sa capacité à
mélanger les genres au sein d’un même film, et sa facilité à toucher le
public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgré sa relative précocité pour un metteur en scène de studio, il a réalisé, ces dernières années 4 œuvres essentielles.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://us.movies1.yimg.com/movies.yahoo.com/images/hv/photo/movie_pix/hollywood_pictures/the_sixth_sense/m__night_shyamalan/tss.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sixième sens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.television.radio-canada.ca/VFRAN/02_radio-canada/images/SIXTH%20SENSE.JPG&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la sortie du film, critiques et public se sont principalement
concentrés sur le twist final, sur l’ambiance du film, sur la peur
qu’il suscite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le revoir quelques années plus tard permet d’ajouter aux évidentes
qualités d’écriture quelques louanges sur la mise en scène de l’auteur,
et sur les prestations des comédiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu’au delà du film d’un petit malin qui aurait saisi comment
faire gagner des dollars à un studio, il s’agit d’un grand drame, sur
un homme et un enfant en proie à une impossibilité à communiquer avec
leur environnement.
De fait, le fantastique n’est qu’un prétexte à une étude de caractère.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces caractères, Shyamalan a eu l’excellente idée de les fonder sur de superbes comédiens.
Ainsi, la scène où Cole avoue ses visions à sa mère dans la voiture est assez représentative de l’ensemble de l’œuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’élément fantastique n’est là que pour provoquer la révélation, pour offrir un écrin au comédien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est là que naît l’émotion, cet élément fédérateur et tout à fait Spielbergien dans un prétendu film de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Shyamalan ne se contente pas d’offrir la scène à ses comédiens.
Il mène l’œuvre avec une intelligence rare, grâce à la symétrie de ses
cadres, au choix d’optiques à très courte focale pour envelopper
l’espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aiguille l’œil du spectateur, optant pour la couleur rouge pour caractériser des éléments importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette couleur est un véritable guide au fil du récit, de la poignée
de porte de la cave, au ballon qui monte vers l’étage pour inviter
Cole, jusqu’aux vêtements de sa mère dans cette grande scène
libératrice dans la voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est du fait de ces choix stricts, de ce méticuleux jeu de piste
menant à la matière de l’œuvre que l’on saisit que l’on est servi par
un cinéaste, un vrai, un grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Incassable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lequotidienducinema.com/critiques/incassable_critique/3.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgré le choix du même comédien principal, malgré la structure
similaire, à savoir la révélation de la condition qui pousse un
personnage à s’exclure, et malgré quelques gimmicks de mise en scène,
Incassable est une œuvre tout à fait originale de M. Night Shyamalan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’une œuvre à l’autre, et malgré une personnalité qui marque chaque scène, l’auteur change radicalement de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il opte pour le film de super héros.
Soit un des genres les plus prisés, mais également les plus formatés du cinéma américain du début des années 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Shyamalan y importe un certain naturalisme, renforcé par sa connaissance de Philadelphie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnage de Willis n’est pas moralement exemplaire, il ne mène pas de grande quête.
Il souhaite s’affirmer, simplement. Trouver une justification aux yeux des siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’élément fantastique est encore une fois un prétexte au développement d’un personnage.
Et celui qui le révèle, à savoir Samuel L. Jackson, s’affirme également de par ce cheminement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n’y a donc pas de vain héroisme, pas de grand morceau de bravoure. Pas même une scène d’action pour légitimer son budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s’agit du premier film de super héros à hauteur d’homme.
Les révélations finales, l’antagonisme entre les personnages principaux ne sont là qu’au titre de soumission au genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après deux films exemplaires, la première conclusion à laquelle nous
pourrions arriver au sujet de la filmographie de l’auteur n’est pas
cette soi disant soif de manipulation au sein de la narration, mais une
habileté à jongler avec les genres, à s’attacher l’attention du
spectateur, pour insidieusement rendre palpable l’essentiel, soit
l’humanité de ses personnages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.filmdeculte.com/photo/film/signes/3.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux premiers films de Shyamalan étaient des œuvres urbaines, les deux secondes seront rurales.
Comme pour s’attacher à d’autres valeurs de l’Amérique, et de ce fait à d’autres personnages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signes n’est pas un film sur une invasion extra-terrestre.
Signes est un film sur la peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle que suscite l’imagination, celle que perpétuent les médias.
Ce ne sont pas les informations qui terrorisent les personnages du
film, mais l’absence d’information concrète, et le canevas de suspicion
qu’ils développent sur cette base.
La télévision est mise en cause, comme une sorte de poison supposé
véhiculer la peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, Shyamalan souhaite développer son propos au sein
d’un film de genre, mais pour la première fois, il manque son
appropriation du genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les scènes faisant intervenir les extra-terrestres sont des
ratages. Le twist final est totalement improbable. La mécanique du
récit ne tient pas.
Il n’est pas pour autant dénué de valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que Shyamalan démontre encore ses talents de conteur.
Le film est terrifiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non pas quand on découvre l’envahisseur, mais quand l’auteur nous
fait croire à sa présence en faisant trembler un champ de maïs ou en
frappant les volets.
La scène de la cave est une modernisation de la grande scène du grenier
des Oiseaux d’Hitchcock..
Mais le modèle Hitchcockien a évolué.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le version moderne a gagnée en efficacité, et elle s’est doublée
d’une réflexion sur les craintes de l’Amérique face à l’envahisseur
potentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, au moment du tournage du film, fin 2001, l’extrapolation de
ce terme d’envahisseur est aisée, mais probablement peu avérée dans
l’esprit de l’auteur.
On peut toutefois légitimement voir dans Signes, son exploration de la
terreur et de la foi-refuge le germe de son film suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le village&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.spokesmanreview.com/stories/2005/jan/14/14village27_01-14-2005_F93H9MV.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après trois œuvres brillantes, il semble qu’un seuil ait été franchi dans la démarche de l’auteur.
Le Village est sa première œuvre ouvertement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prétexte des monstres est très vite éludé, dès le développement.
Et si la structure évolue, de manière concomitante au propos, la forme
apparaît également plus aboutie, du fait de la présence au générique
d’un très grand chef opérateur, à savoir Roger Deakins, compagnon
habituel des frères Coen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’emblée, il radicalise l’image, asséchant les tons, légitimant le retour à la couleur guide, comme dans Sixième sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shyamalan s’entoure également d’acteurs prodigieux et plus forcément
de valeurs sûres du box office, comme William Hurt, Brendan Gleeson,
Sigourney Weaver, Joaquin Phoenix, ou Adrien Brody.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’exigence est de mise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le racolage lié au film de monstre est évacué en cours de récit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cinéaste se concentre alors sur une superbe allégorie de
l’amérique.
La communauté qu’il décrit est isolationniste, ment à ses enfants,
invente ses peurs.
Ceux qui pensaient voir un simili Alien resitué en plein forêt au
XIXème siècle découvrent alors un camouflet au visage des instances
dirigeantes de Etats Unis.
Mais si le film juge, c’est sans cruauté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La xénophobie, au sens propre du terme, guide les décisions de ses personnages, en toute bonne foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsables ne sont pas coupables, et le propos est
suffisamment déguisé pour permettre au réalisateur de continuer à
évoluer en mainstream.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est simplement passionnant de voir qu’un film de studio peut
s’avérer plus incisif et intelligent d’un point de vue politique qu’un
documentaire de Michael Moore.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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