The Shield
Par Greg LAUERT le mardi, juin 19 2007, 19:22 - Séries TV - Lien permanent

Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons.
Ou comment résumer avec une citation extraite de La règle du jeu de Jean Renoir, ce qui fait le génie d’une des plus grandes séries télévisés contemporaines : The Shield.
Crée par Shawn Ryan pour la chaîne FX (qui diffuse également Nip/Tuck ou Rescue me, information permettant de juger du degré d’ambition), The Shield compte à ce jour six saisons.
Une septième permettra de clore les débats, d’éclaircir un peu l’eau boueuse dans laquelle nous naviguons depuis le début de la série.
Dans le premier épisode, Vic Mackey, chef d’une unité de l’anti gang dans un petit commissariat de Los Angeles, dézingue un collègue qu’il soupçonne de manoeuvrer contre lui.
D’emblée, le spectateur se croit plongé dans le musée des horreurs.
Ce sera l’histoire d’une bande de pourris, traquée par de bon flics, par des inspecteurs gagnés par la moralité, par un capitaine politicien au dessus de tous soupçons.
Vite, très vite, le doute s’installe.
Vic Mackey, roi des salauds, est largement ambivalent. Il agit selon son propre code moral, il fait ce qu’il croit être bon à un moment X pour une personne Y qui agit elle même pour une raison Z.
Il fait des conneries. Et parfois, une bonne action.
Sitôt ceci entendu, on aura pu saisir ce qu’est véritablement The Shield : le dernier bastion de l’anti manichéisme.
Un show réaliste.
Pas tant de par les historiettes dévoilées que par le mode de fonctionnement de ses personnages.
Il n’y a pas de bon ou de mauvais. Il y a des pourris, et des moins pourris.
Ceux qui arborent le sceau de l’innocence s’avèrent les plus lâches, les plus veules. Ils sont les premiers à réclamer Vic le terrible, borgne au royaume des aveugles.
Et ceux qui veulent le faire tomber doivent naviguer dans la fange avec lui, comme le Lieutenant Kavanaugh, interprété avec génie par Forest Whitaker dans une cinquième saison en forme d’apothéose.
En attendant la septième saison, promise orgasmique.
Parce que The Shield finalement, au delà de la gigantesque claque télévisuelle, c’est une belle leçon de vie : on a toujours besoin d’un plus pourri que soi ....
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