On a connu Oliver Stone révolté. Son dernier film est lui, simplement révoltant.

En premier lieu, il y a, de la part d’un grand cinéaste, controversé bien sûr, mais dont l’apport au cinéma n’est plus à démontrer, un déni de toute une carrière, un demi tour absolu.

Stone, formé à NYU, dans un cours dirigé par Martin Scorsese, a toujours été virulent, a toujours proné la nécessité du propos et l’obligation de provoquer.

On découvre ici un cinéaste béat, anesthésié, vulgaire faiseur alignant les ralentis, et orchestrant les violons.

Soit. Même les plus grands peuvent être écrasés par l’Histoire, broyés par l’émotion et un manque total d’objectivité.

Toutefois, en plus de ne pas avoir de propos, World Trade Center n’a pas d’histoire. Narrativement, c’est le vide absolu.

Après vingt minutes de métrage tout à fait intéressantes, nos deux policiers sont coincés sous une dalle de béton. S’ensuit une heure et demi de montage alterné entre d’un côté, les familles aux yeux mouillants, et d’un autre côté, les deux officiers agonisants dans un râle interminable dans l’attente de secours.

On ne demandait pas John Mc Clane fouillant les gravas, ni Steve Mc Queen tenant la lance à incendie, mais un minimum de dramaturgie aurait été salutaire.

Parce qu’en l’état, World Trade Center constitue une sorte de point 0 du blockbuster. Un film attentiste, vide, un très long concert de violons.

Last but not least, tout cela se termine par un long monologue nous expliquant que les attentats du 11 septembre auraient fait ressortir ce qu’il y a de meilleur en chaque américain.

Un prochain film d’un cinéaste politique pourrait évoquer les 500 000 morts civils en Irak depuis 2003.

Oliver Stone ? Ah non ... Il est à l’hospice.