Il y a toujours une bonne raison d’aller voir un film de Michael Bay.

La recherche du plaisir coupable, et régressif. La volonté de renouer avec l’adolescent gorgé de testostérone sommeillant en chacun de nous.

Et si le bonhomme est capable du pire, Armageddon par exemple, il lui est aussi possible de délivrer des blockbusters satisfaisants, comme The Rock ou The Island.

Transformers est de toute évidence un cas à part, un échelon supplémentaire dans la quête du cinéaste, dans ce crescendo vers la destruction massive au détriment de toute narration.

Transformers peut être vu comme une sorte d’aboutissement du non cinéma. Soit une suite d’images ultra travaillées, d’historiettes racoleuses, de personnages pathétiques.

Et le film n’a même pas la décence d’être court.

Il commence par une séquence de guerre au Qatar, destinée à choper le spectateur par les couilles, dirons nous grossièrement.

Et puis, comme il est bien impossible de maintenir l’attention du cinéphile estival pendant deux heures en faisant dialoguer des tas de tôle ayant autant de vocabulaire qu’un bambin à la maternelle, on nous impose un teen movie d’une bonne heure, sur les premiers émois d’un puceau frétillant avec la bimbo du lycée.

Ensuite, puisqu’il faut bien vendre les jouets, le réalisateur réintroduit ses gros engins pour une heure de destruction massive, d’action illisible, de dialogues navrants.

Des robots sympas cassent des robots moins sympas (et tout ce qui traîne alentours, accessoirement).

Difficile de saisir qui est qui.

On reconnaitra toutefois avec beaucoup d’aisance le villain, puisque celui ci s’identifie à chaque apparition d’un tonitruant « Je suis Megatron ».

A diverses occasions, les tas de tôle conversent, sur l’espèce humaine, sur les grandes valeurs, etc. De grands moments de solitude.

Plaisir coupable, paraît il.

Pour le plaisir, on repassera. Le coupable, lui, est tout trouvé.