Crée en 2004 par Marc Cherry pour ABC, Desperate Housewives a longtemps bénéficié d’un capital mystère très appréciable.

Au départ du show, celui ci était proprement inqualifiable.

Il se situait à la croisée des chemins, entre enquête criminelle façon whodunit, comédie, et drame se jouant des recettes du soap opera.

La série a su marcher ainsi sur le fil pendant près d’une saison, alternant les rebondissements improbables et les prouesses satiriques (principalement liées au personnage de Marcia Cross).

L’équilibre était maintenu. L’intérêt également.

Et puis la redite, le manque d’inspiration, l’absence de perspectives sur le long terme ont eu raison du show.

Marc Cherry et ses co scénaristes se sont vautrés dans la fainéantise scénaristique, usant jusqu’à la corde certains ressorts, comme par exemple le potentiel comique de Teri Hatcher.

La troisième saison évoluait lascivement sur ses acquis quand le spectateur a été secoué par un épisode de grande qualité.

Bang retrace brillamment une prise d’otages dans une supérette et nous réconcilie avec les qualités premières du show.

Les séquences trop légères laissent place un instant au drame. Enfin, le produit s’avère touchant à nouveau.

Les espoirs pour la suite ne seront toutefois pas comblés. Au delà de cet épisode brillant, Desperate Housewives sombre à nouveau dans ses travers, et évolue clairement vers le soap tant moqué à l’origine.

La troisième saison s’est révélée encore plus insipide que la seconde.

On aurait pu croire que Kyle Mc Lachlan, ancienne icône des suburbs lynchiennes pourrait réanimer le moribond. En vain.

Le succès d’audience étant toutefois indiscutable, il n’est bien sûr pas à l’ordre du jour d’euthanasier le show. Il devrait balbutier péniblement ainsi jusqu’à sa 7ème saison au moins.