Le deuxième souffle
Par Greg LAUERT le samedi, novembre 3 2007, 16:26 - Lien permanent
Alain Corneau

José Giovanni aurait il apprécié cette adaptation de son Deuxième souffle ?
Il déclarait toujours ne pas se reconnaitre dans la version de Melville, et garder un très mauvais souvenir de son travail avec le réalisateur.
Melville avait pour démarche de mettre en scène des polars fantasmés, ancrés dans une certaine mythologie du gangster, avec un visuel directement hérité du film noir.
Corneau, depuis trente ans, réalise des polars avec une véritable dimension sociale et humaine.
A priori, on est loin du papier glacé de Melville.
Sauf que ...
Cette version « moderne » du Deuxième souffle conserve le cadre original : Paris, années 60. On y porte donc le chapeau mou, on y cause comme un titi, et les truands sont majoritairement corses.
Corneau voulait sans doute coller au plus près de la description de Giovanni. Le pari est osé, et il est surtout sabré par une mise en scène tout à fait anachronique.
Les décadrages permanents, les filtres outranciers, le sang qui gicle au ralenti évoquent plus le polar HK ultra esthétisant que le film de gangster old school.
Quelque part, cet amalgame donne au film un aspect expérimental.
Corneau perpétue une tradition de référents du film de truands. Melville s’inspirait du film noir. John Woo s’inspirait de Melville. Corneau s’inspire maintenant de Woo.
Et Giovanni alors ?
Il s’inspirait de sa réalité. Et ça aurait pu être intéressant de voir son film plutôt que celui des révisionnaires du genre.
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