Et voilà novembre. Les premiers frimas de l’hiver. Ou les suivants de l’automne, c’est selon. On va pouvoir rester chez soi sans scrupule, à mouler dans son canapé, à s’enfiler du DVD.

On a pas attendu les premiers flocons pour s’y mettre, vous me direz, et finalement, les hautes températures étaient une excuse tout aussi bonne pour squatter les salles de cinéma.

Bref.

Finir une saison des Soprano me rend toujours quelque peu dépressif. L’état de manque à venir, peut être. Le révélateur d’une certaine nature, sans doute. Dans cette quatrième saison, Tony est plus humain que jamais. Il a des déboires conjugaux, le pauvre bougre. Et parallèlement, il est plus ambigu et dangereux qu’il ne l’a jamais été. On achève bien les hommes est un épisode mémorable en ce sens.

Trop souvent, on perd de vue la nature du personnage joué par James Gandolfini. Sa bonhommie, sa chaleur, ses angoisses sont trompeuses.

Le père Soprano est un monstre. Quelque part, j’en suis un pour l’aimer autant.

Pour moins gamberger, pour un peu plus de légèreté, je me prescris la quatrième saison de The Office, version Carell.

L’ouverture, les deux première minutes m’ont laissé sur le flanc, giflé par le génie comique des auteurs. Après cinq épisodes, je crains un peu la redite, mais le season premiere est simplement ultime. Une bombe comique qui met à nu le très infantile Michael Scott.

Moi même, je suis un grand gosse, avide de replonger dans mes souvenirs. Du coup, je regarde Gremlins, de Joe Dante, pierre angulaire du cinéma de mon enfance.

Et je découvre à quel point le premier quart d’heure est une mine de références. Le film écrit par Columbus et produit par Spielberg évoque un pan entier du cinéma familial hollywoodien, de Mary Poppins à La vie est belle, en passant par Le magicien d’Oz.

Des films aussi accessibles aux enfants et aux adultes, on en fait plus. Foi de vieux con.

Pour me contredire, il y a Stardust de Matthew Vaughn. Le film surfe sur la vague fantasy avec une certaine intelligence, et un évident recul. De Niro est mémorable en pirate queer. Le nom de son personnage (Captain Shakespeare/ Captain shake spear) est un double sens révélant quelque part la densité du film, et le plaisir que pourront y éprouver les spectateurs adultes.

Dense, c’est un terme qui conviendrait également plutôt bien au Deuxième souffle de Corneau.

Dans un sens élogieux d’abord, pour la richesse du récit, des personnages. On ne remerciera jamais assez José Giovanni pour son apport au polar français. Et dans un sens nettement moins élogieux pour son côté « meringue », chargé, ultra esthétisant, limite racoleur d’un strict point de vue formel.

Enfin, l’automne est propice aux monuments du cinéma. Il y avait David Lean et ses parpaings de 3 heures pour après midi pluvieuse, il y a maintenant Peter Jackson et ses versions longues.

L’occasion de redonner une chance à King Kong.

La version néo zélandaise du gros singe à New York est une indéniable réussite, du moins sitôt que l’on quitte New York.

Avis à M. Jackson, je suis tout à fait preneur d’une version courte qui ne se déroulerait que sur Skull Island.

Quitte à écourter mes après midi DVD.