Déjà vu, c’est le titre du dernier mauvais film de Tony Scott.

Déjà vu, c’est aussi l’impression qui nous assaille à la vision du dernier bon film de Ridley Scott : American Gangster.

En près de trois heures, le grand Scott explore le film de truands 70’s. L’intention de dresser le portrait d’un baron de la drogue discret au possible, sorte de modeste artisan criminel, était sans doute louable. Mais jamais le cinéaste ne cherche à explorer une zone vierge.

Tout au long du film, il évolue en terres connues, sur des routes trop fréquentées avant lui par William Friedkin, Michael Mann, ou Sydney Lumet.

Son film évoque à chaque instant un pan entier du film de gangster. Et tout le talent des interprètes d’American Gangster ne saurait faire oublier Sonny Grosso ou Serpico.

Scott, éprouvé à tous les genres, livre une copie quelque part irréprochable. La mise en scène est discrète, la reconstitution solide, et Crowe et Washington sont brillants.

Le film manque toutefois d’un certain souffle. Souffle qu’aurait pu apporter une grande histoire, en lieu et place de cette habile redite.

De la part d’un cinéaste qui a souvent revendiqué la suprématie d’une narration forte, le choix de mettre en scène le scénario de Steven Zaillian a quelque chose de surprenant.

Jamais peut être depuis Duellistes, Scott n’avait semblé si peu préoccupé par son fond, et tant par sa forme.

Le réalisateur anglais n’est donc pas près de faire taire ses détracteurs, ceux qui ne voient en lui qu’un habile illustrateur.