Fort du capital sympathie acquis avec le justement sympathique Rocky Balboa, Stallone remet le couvert et nous ressort du placard son autre personnage phare.

Rocky n’hurlant plus Adrienne, Rambo n’appelle plus son colonel. Il vit paisiblement en Thailande, jusqu’à ce que .... Guère besoin d’en dire plus, on connait la suite.

Rocky avait ceci d’attachant qu’il se focalisait sur un personnage génial, un paria de l’american dream, qui n’apprend que dans la défaite. Rambo reste d’emblée une icône plus discutable.

Stallone, conscient des faiblesses du personnage, se focalise sur le contexte.

La guerre, c’est affreux, la sublimer, ca l’est aussi. Alors il réalise le film le plus gore possible, pensant sans doute que les spectateurs allaient quitter la salle en hurlant à la vision des membres arrachés, des têtes empalées sur les pieux, et des soldats éviscérés.

Que nenni.

Dans la salle, les amateurs de gore sont exaltés, les autres détournent à peine le regard. Le spectateur moderne est rompu à toutes formes de violence graphique. Il n’y a plus que la violence morale qui fasse encore son petit effet.

Et là, Sly arrive longtemps après et loin derrière Boorman, Cimino, Klimov ou Malick.

Ni bon, ni foncièrement mauvais, son John Rambo est juste inutile.