MR 73
Par Greg LAUERT le lundi, avril 14 2008, 17:35 - Lien permanent
Olivier Marchal

Commencer un film par une séance de psychanalyse dans laquelle un flic lâche « Dieu est un fils de pute, et un jour je le tuerais », c’est forcément casse gueule.
C’est surtout la promesse en prémices d’un film pontifiant, lourd, primaire. Promesse qui est, par la suite, largement tenue.
Marchal est un ancien flic, qui déblatère partout sa rengaine du mec qui a raccroché pour ne pas devenir une épave. Alors l’épave, il la met en scène à l’écran. Ses toiles sont plus belles que ses jours.
L’intention n’a rien de condamnable, mais le résultat dérange.
Parce que Marchal mélange tout.
Il balance ses souvenirs à l’écran, les mêle à des faits divers sordides (assurant au générique que le film est inspiré de faits réels) et là dessus, déballe ses fantasmes, ses super flics en manteau de cuir, canon scié à la main et goulot aux lèvres ; spleen évident, moralité sans faille.
Marchal a des envies de cinéma, et des velléités réalistes.
Il veut mettre en scène comme Michael Mann, dialoguer comme Audiard, et capter le réel comme Tavernier.
Au final, ca racole sec. Les discours avec un grand D et la frime avec un grand F font rarement bon ménage à l’écran.
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