Hannibal
Par Greg LAUERT le mardi, mai 20 2008, 13:29 - Lien permanent
Ridley Scott

Quelques années après sa sortie, Hannibal, suite, voir spin off du Silence des agneaux, reste un objet fascinant, quoique grossier, et très, très imparfait.
L’évocation de Ridley Scott, cinéaste sachant habituellement choisir ses sujets, inspire la confiance.
Scott, toutefois, jure souvent que l’histoire est primordiale.
Et là, malgré le fait que le film soit adapté de Thomas Harris, écrit par Steve Zaillian et David Mamet, l’histoire est insipide.
Pire, elle est une vaste farce, un imbroglio dont tout le monde se fout. Clarice Sterling, le FBI, Florence et les porcs de Mason Verger….. Tout cela n’a strictement aucun intérêt.
Ce qui motive Harris, c’est la mécanique monstrueuse de Lecter, l’appréhension de sa folie romantique.
Il voudrait fasciner avec ce personnage dégueulasse et improbable, finalement tellement cliché.
Tout le film de Ridley Scott ne fait que tourner autour de son objet. Jusqu’à ce climax, cette scène où Lecter fait déguster son propre cerveau au personnage de Ray Liotta.
La scène en question donne sa valeur à l’œuvre. Elle trouve le ton juste, odieuse et amusante à la fois, et surtout affreusement bouffonne.
Le film joue un instant son rôle, soit l’évocation d’une perversité suave, élégante, renforcée par le fait que nous suivons la scène du point de vue d’un personnage drogué à la morphine.
Du fait d’impératifs commerciaux et narratifs, Hannibal est un chemin de croix cinématographique, un pénible voyage vers une courte apothéose.
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