Alors qu’il jurait à la sortie du film que la version salle était son final cut, Oliver Stone offre aujourd’hui au spectateur un Alexander Revisited, plus long de près de 30 minutes, et disponible dans une somptueuse copie Blu-ray.

A la première vision, la version salle était tout à fait décevante. Stone plantait un Alexandre fadasse, perdu dans des méandres historiques, dont la vie était narrée à grand renfort de citations façon dictionnaire Larousse par une splendide brochette de cabotins.

La version longue apporte son lot de scénettes amusantes, parce que dérisoires, communes, peu prétentieuses justement.

Mais pris dans sa globalité, le film n’a rien gagné.

Il s’apparente toujours à un énorme et pénible bloc narratif, pompeux et pompant.

Alexandre est un péplum à l’ancienne, façonné dans le marbre. On pourrait le croire soumis au code Hays pour sa chaste retenue dans le traitement de l’ambigüité sexuelle des personnages.

Le film d’Oliver Stone subit surtout le drame d’être postérieur à la série Rome, cette œuvre télévisuelle montée par HBO et la BBC, qui apparaît si authentique, si franche, qui rend ses personnages historiques si humains en les ancrant dans un quotidien et une réalité sociale.

Rome en finissait avec le péplum carton pâte et langue de bois.

Stone préfère faire parler des statues de marbre. Son film se réfère perpétuellement aux mythes, et Alexandre, de fait, en devient aussi surréaliste qu’Achille et Héraclès.

Le cinéaste américain, rompu aux grands challenges, souhaitait sans doute explorer l’héritage d’Alexandre, cette tentative de rapprochement de l’Orient et l’Occident et la naissance d’un empire fusionnant les groupes tribaux autour d’une seule personnalité.

La conclusion, apportée par Anthony Hopkins en Ptolémée aurait pu aller dans ce sens.

Si elle ne revenait pas encore sur Alexandre : l’homme, la légende, le mythe, le dieu, fils de Zeus, descendant d’Achille.

Le spectateur qui vient de passer 4 heures avec Colin Farrell comprendra : Alexandre, le très irritant petit personnage incertain et geignard qui ose à peine caresser l’épaule de son cher Héphaistion.