Bons baisers de Bruges
Par Greg LAUERT le mardi, juillet 1 2008, 16:03 - Lien permanent
Martin Mc Donagh

Le titre peu judicieux sonne comme un affreux nanar, évoquant une espionnade parodique dans laquelle nos cousins d’outre atlantique poseraient un regard condescendant sur la vieille Europe.
Si l’affiche déroute, c’est avant tout parce que le film s’avère délicat à cibler.
Bons baisers de Bruges n’est pas une comédie, ni un drame, ni un polar, il est un peu tout cela en même temps.
Sa principale qualité tient à l’équilibre de l’ensemble.
Des gueules du cinéma, dont les excellents Ralph Fiennes et Brendan Gleeson, arpentent les rues de la cité belge, sur un canevas oscillant entre le drame sourd, et l’humour débridé.
Le premier film de Martin Mc Donagh est une petite rareté, très loin de la vacuité des œuvres de Guy Ritchie par exemple.
Polar mineur, quelque part désuet, offrant un Colin Farrell que l’on découvre de plus en plus à l’aise dans les rôles smaller than life, ce long métrage est quelque part quintessentiel.
Après tout, on y rit, on y pleure, et on y tremble dans la même minute.
En sortant de la salle, l’intrigue parait bien sommaire, mais on garde à l’esprit cette petite mélancolie, et l’on en conclut aisément que la brume de Bruges a quelque chose de délicieusement cinégénique.
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