Gerry
Par Greg LAUERT le vendredi, octobre 21 2005, 13:01 - Gus Van Sant - Lien permanent

Gerry est un objet à la fois âpre et complexe. Gerry est un film sobre, et insidieusement riche. Gerry effraye, mais n'est en aucun cas, comme l'ont dit certains, un film expérimental.
Il peut sembler austère, mais développe une narration, des enjeux, des personnages, et ce aussi sûrement qu'un Titanic.
Je n'ai pas su comment approcher Gerry, un rien effrayé par sa réputation, par Gus Van Sant et cette supposée austérité. Mais j'ai été conquis, par son rythme, par ces espaces, cette langueur morbide, par ce son, que l'on pourrait apparenter à du silence agressif.
Gerry n'est pas Delivrance. Ce n'est pas la confrontation de l'homme et de la nature, mais la confrontation de l'homme à son essence, à sa peur, le plein qui affronte le vide. L'homme y affronte ses limites, peur, douleur, soif, vide. Il n'y a plus que l'horizon pour tout avenir. A l'image de ses personnages, Van Sant exploite le vide, pour toucher à la quintessence. Et le silence y devient plus terrifiant, plus hypnotique qu'un cri.
Gerry n'a rien d'expérimental, mais tout de conceptuel. C'est le concept de l'essentiel, débarassé du superflu narratif, visuel.
Une brêche vers un nouveau cinéma, et un objet si langoureux qu'il invite à la fascination, au désir, ou au rejet absolu.
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