Il est toujours délicat d’approcher un film plusieurs mois après sa sortie en salles.

Plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’un grand succès populaire, parce que quoi que l’on fasse, on approche l’œuvre par le prisme des différents avis dont on a été abreuvé.

En l’occurrence, je ne me souviens pas avoir entendu un avis très négatif sur La môme.

Dans l’ensemble, critique et public ont été polis. Je le serais aussi. Et nous serons tous, en cela, à l’image du film.

Parce que le film d’Olivier Dahan, sous ses airs de mastodonte, avec son casting richissime, sa mise en scène écrasante, son écriture alambiquée n’est pas un modèle de prise de risque.

C’est une œuvre sage.

Polie.

La politesse semble mentionnée au cahier des charges quand on approche le biopic. Ray, de Taylor Hackford, est un autre exemple récent.

Il ne faudrait froisser ni les héritiers, ni les guests pour la plupart encore vivants. A quoi bon alors ?

Et bien, il me semble qu’un biopic réussi, au delà d’une personnalité, est supposé saisir une époque, un milieu, et un impact. La moindre des choses serait de nous proposer une vision globale.

De ne pas être Narcisse en lieu et place de Narcisse.

Et là, on s’accordera à dire que la Môme survole. Le Paris des années 30, l’exil américain pendant la guerre, le retour dans les années 50. Tout cela n’est qu’esquissé, illustré.

Et qu’est ce qu’un artiste sorti de son contexte ?

C’est une femme, en l’occurrence mimée à la perfection, qui s’agite au milieu d’une succession de scénettes un peu vaines.

La première réflexion qui nous vient à l’esprit en quittant la salle, c’est « Tout de même, Piaf, quelle grande artiste ». A défaut de « Tout de même, La Môme, quel grand film ».