La raison du plus faible
Par Greg LAUERT le mercredi, août 9 2006, 16:40 - Humeurs et cinéma - Lien permanent

L’initiative du polar social est suffisamment rare dans l’Hexagone pour être saluée.
Le genre est par exemple bien plus communément pratiqué chez nos voisins britanniques. Je pense notamment à Face d’Antonia Bird, Sweet Sixteen de Ken Loach, ou encore à certains Stephen Frears.
Lucas Belvaux ancre son récit dans une communauté d’ouvriers belges, sinistrée par le chômage, la précarité, le manque de perspectives. Face à un avenir gris comme leur usine, ils choisissent de prendre les armes, et de s’improviser braqueurs.
Si l’intention est bonne, le résultat l’est nettement moins.
En premier lieu, il manque au film une certaine authenticité. Malgré quelques très belles scènes (le fauteuil roulant et l’escalier), on peine à croire à ses personnages, qui auraient mérités d’être plus bruts, et plus abrupts.
Ensuite, la démonstration apparaît vite très scolaire. Belvaux appuie son argumentation ; ses personnages discourent de nuit avec lyrisme de leur passé, de leur emploi perdu. Dans le même type de situation, les personnages de Ken Loach sont approchés par les détails du quotidien. Le spectateur est en mesure de faire seul les constats nécessaires.
Enfin, last but not least, Lucas Belvaux, réalisateur et interprète du personnage principal, se révèle un comédien exécrable.
Le rôle était lourd à porter. L’échec n’en est que plus cinglant.
La fin du film devait permettre à l’acteur de sublimer le récit, en resserrant son interprétation, en faisant verser l’œuvre de l’anecdote au tragique, mais Belvaux est à ce point mal à l’aise qu’il plombe sa conclusion.
Comme disait un certain belge « faut pas jouer les riches, quand on a pas le sou » …
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