Le prestige
Par Greg LAUERT le jeudi, novembre 23 2006, 13:28 - Humeurs et cinéma - Lien permanent

Entre deux volets de la franchise Batman dont il assure actuellement la mise en scène, Christopher Nolan choisit de s’atteler à une œuvre plus personnelle.
Le prestige pourra aisément bénéficier de ce qualificatif puisque l’auteur de Memento le produit, écrit l’adaptation du roman, et assure la réalisation.
On redécouvre d’ailleurs, après le très basique Batman Begins, qu’il y a bien une thématique Nolan.
Dans cet affrontement de deux magiciens prenant place dans l’Angleterre victorienne, le réalisateur cultive son obsession de la dualité. Le thème du double traverse tout le métrage. Rival, sosie, jumeau, Nolan, qui écrit avec son frère, s’engouffre dans l’obsession du miroir.
Les magiciens s’affrontent, mais pour évoluer, ils ont la nécessité de recourir à un double. Leurs faits sont interchangeables et complémentaires, leur obsession également.
En cela, le film se rapproche d’Insomnia, du même auteur, dans lequel les crimes du flic interprété par Al Pacino sont équivalents à ceux de l’assassin qu’il traque, de par leur ambiguïté. De même, on pourra ajouter que s’il est un super héros qui cultive parfaitement la dualité, c’est Batman.
La démarche de Nolan n’a donc rien d’innocente. Il manipule des thèmes qui lui sont chers.
Pour autant, Le prestige manque un peu de portée.
Toute l’habileté déployée, la mise en scène souvent virtuose, la construction en abîme assez complexe, le rabaisse un peu à un habile tour de passe-passe, alors qu’il y avait là le potentiel d’une grande œuvre.
Le casting s’avère également décevant.
Sur le papier, Nolan filme les comédiens les plus prometteurs de leur génération. A l’écran, le matériau ne leur donne pas la possibilité de briller. Même Christian Bale, qui nous avait habitué à des prestations fabuleuses, apparaît bien fade.
Le cadre fascinant de la société du spectacle de l’Angleterre Victorienne est également sous exploité, faute de budget peut être.
Et au final, le résultat est un rien hybride, habile, à la limite du narcissisme, mais dénué d’ambition. Nolan a réalisé un très bon film sur une rivalité acharnée. A défaut d’autre chose.
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