Le vent de la plaine
Par Greg LAUERT le mercredi, octobre 25 2006, 10:35 - Humeurs et cinéma - Lien permanent

Le vent de la plaine est en soi un événement, une rareté.
Il constitue la seule incursion de John Huston, cinéaste prolixe et varié s’il en est, dans un genre cinématographique des plus prisés : le western.
Ceci, bien évidemment, si l’on considère Le trésor de la Sierra Madre comme un film d’aventure.
En 1960, la plupart des cinéastes de l’âge d’or hollywoodien se sont essayés au genre, même les plus inattendus, comme King Vidor ou Mankiewiscz. Huston réalise donc son opus, avec en vedettes Burt Lancaster, habitué du far west depuis Vera Cruz d’Aldrich, et Audrey Hepburn, nettement moins à son aise dans la poussière et le sable.
Le résultat s’avère assez bancal. Il ne s’agit en aucun cas d’un Huston majeur.
D’un point de vue formel, le géant irlandais donne rapidement le ton, usant à foison de contre plongées pour impliquer les ciels immenses dans le cadre (et se distinguer de l’ami Ford ?), et mettant en scène l’action comme personne à l’époque, de manière très frontale, réaliste.
C’est le traitement de l’histoire qui apparaît moins convaincant.
Hepburn y est une jeune femme vivant au sein de pionniers menant le bétail. Elle minaude, cherche un mari, sous le regard aimant (un peu trop, forcément) du grand frère Lancaster. Qui s’avère ne pas être son véritable frère, puisque la jeune fille serait une indienne adoptée. S’ensuivent scandale, mort, et réclusion.
Le thème du racisme au sein de la communauté dans l’ouest sauvage est passionnant.
Malheureusement déjà traité, et bien mieux par La prisonnière du désert de Ford.
On voudrait se rabattre sur l’histoire d’amour liant les deux personnages principaux, mais elle est également à peine esquissée, alors qu’il y avait là matière à un grand film.
Que reste t il alors du seul western d’un des grands maîtres du cinéma ?
Quelques fulgurances, probablement, comme ce cavalier annonçant l’apocalypse, disparaissant dans une tempête de sable, ou ce saisissant siège final.
Huston a émaillé sa carrière de pépites, les alternant avec des œuvres moins passionnantes. Il partageait avec Howard Hawks une certaine approche débonnaire du cinéma.
L’année suivante, il mettra en scène Les désaxés.
Commentaires