Little miss sunshine
Par Greg LAUERT le jeudi, octobre 5 2006, 16:00 - Humeurs et cinéma - Lien permanent

Le cinéma indépendant américain a connu dans les années 90 une sorte d’âge d’or, avec la belle santé du festival Sundance, les premiers succès de Miramax et de New Line. S’en est suivi un standard du film indépendant, mettant en scène le citoyen américain moyen, dans un milieu rural, dans un cadre intimiste.
Little Miss Sunshine pourrait correspondre à cette description, et s’affirmer en fier représentant du cinéma indépendant américain.
Il est toutefois bien moins pédant, bien plus drôle que la plupart de ses homologues.
Une famille dysfonctionnelle se réunit dans un combi Volkswagen pour emmener leur petite fille à un concours de beauté en Californie.
Outre l’interprétation irréprochable, notamment un fabuleux Steve Carrell en prof de lettres dépressif, l’oeuvre trouve son ton en osant le contre pied permanent dans le développement des personnages.
L’exposition est habile, et l’on pourrait croire que le film va évoluer sur ses acquis jusqu’à sa conclusion, dans laquelle chacun révisera ses jugements et sa personnalité. Soit le cheminement narratif éculé de ce type d’œuvre. Mais fort heureusement, les auteurs s’avèrent plus intelligents, et construisent des personnages complexes, en perpétuelle évolution.
Il n’y a pas là de quête d’identité. Les protagonistes sont suffisamment complexes et bien écrits pour ne jamais tomber dans le cliché, pour apparaître à la fois misérables et touchants.
Le film oscille entre rire et émotion, avec simplicité et réalisme dans le traitement.
Le concours de beauté, qu’on pourrait qualifier de freak show, véritable point d’orgue du métrage, arrachera un sourire aux plus blasés.
Peut être le film le plus surprenant de cette rentrée 2006.
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