Minority Report
Par Greg LAUERT le lundi, novembre 20 2006, 20:14 - Humeurs et cinéma - Lien permanent

Steven Spielberg n’a jamais concédé une grande cinéphilie, contrairement à certains de ses contemporains comme Martin Scorsese, ou Brian De Palma. Il a toutefois, au fil de sa carrière, abordé des genres cinématographiques très divers avec un indéniable succès.
Avec Minority Report, il revient à la science fiction, après avoir vu plusieurs de ses oeuvres couronner classiques du genre.
Mais au delà de ses évidentes qualités cinématographiques, notamment une superbe photographie de Janucz Kaminski (maître es surexposition), et la description d’un univers apparaissant tout à fait crédible, Minority Report apparait comme le plus référentiel des films de Steven Spielberg.
Référentiel tout d’abord vis à vis de sa propre oeuvre.
En effet, la scène de poursuite, puis de combat entre Cruise et Farell dans l’usine automobile est entièrement calquée sur une scène d’Indiana Jones et le temple maudit. Cruise sur la chaîne de montage remplace Harisson Ford sur le tapis roulant.
Vieux singe, Spielberg sait qu’en révisant ses acquis, il satisfait les fans et améliore encore ce qui pouvait sembler quasi parfait à l’époque.
Référentiel ensuite, parce que Minority Report, débarassé de ses atours S.F, est un film de faux coupable comme les affectionnait Alfred Hitchcock.
Le personnage de Cruise entame une fuite en avant, décidé à échapper à ses poursuivants et à résoudre l’énigme de son inculpation, comme Henry Fonda dans ... Le faux coupable, et bien sûr Cary Grant dans La mort aux trousses. On pourra au passage évoquer une scène de descente sur des véhicules circulant à la verticale, le long d’une route qui n’est pas sans évoquer un certain mont Rushmore. Pendant cette scène, la musique de John Williams prend par ailleurs des accents Herrmaniens.
Ainsi, Steven Spielberg, qui s’est toujours revendiqué de cinéastes impersonnels comme Michael Curtiz (ne voir là aucun reproche à cet immense artisan) paye lui aussi son tribut au maître du suspense.
Après tout, s’il est aujourd’hui un des plus grands conteurs du cinéma, sachant mieux que personne où placer sa caméra pour tirer toute la substance d’une scène, il aura été précédé en cela par Sir Alfred.
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