Rocky Balboa
Par Greg LAUERT le mardi, février 6 2007, 13:29 - Humeurs et cinéma - Lien permanent

Rocky reflet de Stallone, et Stallone incarné dans Rocky. Un couplet familier depuis 1977.
Pourtant, il n’a jamais été si vrai qu’aujourd’hui, quand l’acteur réalisateur nous confronte à ce vestige de boxeur, porté aux nues puis oublié, qui s’offre un dernier baroud d’honneur.
Rocky aura traversé les époques.
Des faubourgs authentiques de Philadelphie dans les années 70, à l’arrogance des années 80, jusqu’au revival de l’american dream en 2006, il aura été ridicule, vainqueur et vaincu mais toujours tellement touchant.
Je ne saurais dire si l’émotion qui se dégage de cet ultime opus est authentique, ou liée à l’enfance. Parce qu’avoir été un gamin cinéphage des années 80, c’est avoir vu Rocky et ses suites une bonne centaine de fois, c’est ne pas pouvoir cogner un sac ou courir un matin blême sans entendre le thème résonner quelque part en soi.
Rocky fait partie de l’identité d’une certaine catégorie de jeunes trentenaires cinéphiles.
Alors, malgré d’évident défauts, le film émeut plus que n’importe quel mélo. Malgré la naïveté, malgré cet aspect brut et maladroit, revoir Burt Young écraser Stallone de son cynisme, revoir Rocky si bonhomme a quelque chose de déchirant.
On attend le dernier round du combat. Parce qu’on sait que le thème retentira une fois encore, avant le rideau, pour clore le requiem.
Rocky est parti, avec une grande défaite, démontrant que cet american dream qu’on nous prône depuis le premier volet se construit avant tout dans la douleur, dans la perte.
Sly, symbole de l’arrogance de l’ère Reagan, s’en va humblement avec cette petite pépite.
Ce film qui, tout seul, n’a l’air de rien, mais qui pourtant sonne le glas d’une époque.
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