Le film de zombies est un genre en soi, principalement depuis le début des années 80, et la multitude d’ersatz du Dawn of the dead de Romero.

Simon Pegg et Edgar Wright, auteurs anglais ayant principalement travaillés pour la télévision, capitalisent sur les figures connues du genre pour proposer une comédie, Shaun of the dead.

La trame est des plus classique : la ville prise d’assaut par des zombies, le groupe reclus, les tensions habituelles, le proche contaminé. En soi, l’œuvre pourrait être considérée comme une simple parodie, une variation habile matinée d’humour anglais. Mais ce serait sous estimer ses auteurs. Parce qu’auteur il y a.

Shaun of the dead est une œuvre à caractère sociologique. Un regard sur la société contemporaine, sur sa léthargie.

Les auteurs épinglent leurs contemporains, leurs habitudes, leur refus de l’engagement, de l’évolution. Shaun symbolise l’anglais moyen, cantonné à son pub, à sa médiocrité. La prise de conscience de la léthargie des autres (en fait, les zombies, mais ceux ci ne sont même pas distingués des autres citoyens dans leurs premières apparitions) va le pousser à évoluer.

Très intelligemment, Wright et Pegg assimilent dans plusieurs scènes les contaminés à ceux qui ne le sont pas. Faux semblants, mais vrai analyse. Insidieusement, le citoyen lambda est un zombie qui s’ignore.

Sous couvert de comédie débridée, les cinéastes jouent de leur culture et confirment la propension du cinéma anglais à porter un regard acéré sur la société.