L’heure des bilans pour 2006.

J’ai attendu un peu pour concocter mon top. Le temps de refaire mon retard sur certaines œuvres susceptibles d’y figurer, comme The Fountain, notamment.

Le temps d’une légère réflexion également, parce qu’un certain recul permet de porter un nouveau regard sur certaines œuvres.

Malheureusement, je n’arrive pas à un top 10 cette année, mais péniblement à un top 8.

2006 aura très bien débutée, se sera bien finie, avec un énorme vide de plusieurs mois pendant lequel les distributeurs ne nous auront pas gâtés.

1. The new world – Terrence Malick

Il y a quelque chose de supérieur dans le cinéma de Malick. Sa manière de saisir l’insaisissable, pour finalement toucher à l’essentiel. Et le concerto pour piano KV 488 continue de vous hanter longtemps après être sorti de la salle.

2. Munich – Steven Spielberg

Spielberg est devenu un cinéaste écrasant. Quand d’autres ronronnent (Lucas, De Palma), il règne sur le 7ème art, en pleine maturité, pour nous servir un monument par an.

3. The Departed – Martin Scorsese

A la base, il y a Infernal Affairs, bon polar HK de 90 minutes. Et puis Marty déboule, retrouve ses sensations, lance Nicholson dans la bataille et démontre que Di Caprio est définitivement un comédien charismatique. 2h30 plus tard, on jubile devant le cinéma retrouvé de l’immense Martin Scorsese.

4. Children of men – Alfonso Cuaron

Après le prisonnier d’Azkaban, meilleur Harry Potter à ce jour, on pouvait être persuadé du potentiel de Cuaron. Il revient avec un petit film d’anticipation absolument virtuose, violent et terrifiant, qui vous secoue à vous en filer la nausée. Le choc de l’année.

5. La jeune fille de l’eau – M. Night Shyamalan

Le petit génie tant décrié change de ton. Après la terreur, il opte pour le conte de fée, avec la même réussite. Shyamalan crée avec La jeune fille de l’eau une œuvre d’une rare densité, à la fois film pour enfant, réflexion sur les arcanes de la narration, et critique de son propre statut au sein de l’industrie. Il confirme son statut d’auteur essentiel dans le cinéma contemporain.

6. The Host – Bong Joon-Ho

Bong Joon Ho n’est peut être pas le cineaste coréen le plus prolixe (on est loin du rythme de travail d’un Kim Ki Duk ou d’un Park Chan Wok), mais il a la main sûre. Après avoir détourné le thriller dans Memories of Murder, il applique le même traitement virtuose au film de monstre dans The Host.

7. Le labyrinthe de Pan – Guillermo Del Toro

Del Toro plonge dans l’Espagne franquiste et dans l’imaginaire d’une petite fille pour nous servir un conte d’horreur mémorable. Il décrit un univers binaire, aussi terrifiant dans la réalité (le personnage de Sergi Lopez) que dans le fantasme (le Pale man).

8. Miami Vice – Michael Mann

En un sens, Miami Vice, avec son intrigue ultra balisée et ses personnages transparents, est un Mann très mineur. Il n’en demeure pas moins un polar majeur, sec et virtuose, graphique et violent.