ZODIAC
Par Greg LAUERT le jeudi, mai 24 2007, 15:08 - Humeurs et cinéma - Lien permanent

Film de la maturité ou retour aux sources ? Ainsi pourrait se poser la problématique de la mise en scène de David Fincher sur son nouvel opus : Zodiac.
Fincher, icône de la génération X, grâce notamment à Seven et Fight Club, passait pour un réalisateur virtuose et progressiste, introduisant bien avant ses petits camarades l’image de synthèse dans un contexte réel.
Zodiac pourra être caractérisée d’œuvre classique, parce que son réalisateur délaisse une certaine tendance sensationnaliste pour offrir un film d’investigation dense et centré sur son sujet.
La richesse de la narration est ici une valeur essentielle.
Zodiac n’est pas un film aisé. Non que l’intrigue soit particulièrement complexe, mais la multiplication des axes narratifs, le grand nombre de personnages présents à l’écran et la durée du métrage nécessitent un spectateur actif.
Peu de films aujourd’hui apparaissent aussi riches, et pourront supporter avec cette évidence de multiples révisions.
En cela, Zodiac évoque le cinéma d’A.J Pakula dans les années 70, et notamment Les hommes du président, voir A cause d’un assassinat.
C’est par cet angle précis que l’on pourra évoquer un retour aux sources pour Fincher. A l’époque de Seven, le jeune réalisateur citait comme principal influence, Klute, du même A.J Pakula.
Dans ce film situé dans les années 70, Donald Sutherland, investigateur amateur, traquait une menace invisible, sourde, un meurtrier dématérialisé et silencieux.
Zodiac paye un évident tribut à Klute, jusque dans sa photographie, sombre, peu contrastée, nourrie de tons cuivrés chers à Gordon Willis.
Loin de la boucherie criminelle de Seven, Zodiac se concentre sur l’absence, sur un criminel fantomatique.
Les meilleures scènes du film sont celles intervenant alors que le meurtrier n’agit plus. Lorsque les enquêteurs le pensent disparu. Alors, l’œuvre peut se concentrer sur cette thématique de l’obsession.
Parce qu’à l’image de Klute, Zodiac nous rappelle que ce qu’il y a de plus horrible dans un crime, c’est son écho.
Tant que celui ci résonne, il n’y a pas de paix possible.
Commentaires